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L’Actualité en direct de l’UMC : Jean-Claude FREY Président de l’UMC répond aux questions de Pierre LEFEUVRE Président de la Fédération

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Bonjour Président,

Notre précédente interview remonte à l’automne 2015. Vos réponses à nos questions se voulaient apaisantes et rassurantes. Aussi, ne reviendrions nous pas sur le passé.

« 
C’est avec plaisir que je réponds volontiers à vos questions portant sur la vie de l’UMC et surtout son avenir. »

Le rapprochement de la mutuelle UMC avec le pôle mutualiste du groupe Klésia n’est plus un secret. Ce choix est-il le plus judicieux ou s’est-il fait par défaut ?

« Dans l’environnement quelque peu compliqué et flou, pour ne pas dire incertain, que nous connaissons actuellement dans le domaine de la santé et donc notre activité mutualiste, l’UMC est arrivée à la croisée des chemins : ou elle continuait sur sa voie historique, au risque ( certain) d’être plus ou moins rapidement isolée et condamnée, avec un modèle économique maintenant à bout de souffle remettant en cause son activité au profit de ses membres…ou elle se mettait radicalement en question et cherchait une solution permettant d’envisager un avenir garantissant au mieux la protection durable des adhérents et aussi des salariés.

Voilà en deux mots quels étaient les enjeux ! Nous avons bien sûr choisi la seconde voie, confortés par une approbation massive de notre assemblée générale. Ce fut donc d’abord une tentative de rapprochement avec le groupe Malakoff/Médéric, rapidement avorté pour les raisons que j’ai déjà eu l’occasion d’expliquer. Puis, forts de l’expérience ratée, nous nous sommes rapprochés, après avoir été sollicités à nouveau par plusieurs groupes, du groupe Klésia, autre institution de l’économie sociale (un de nos critères de choix) qui cette fois nous a apporté les garanties exigées et incontournables pour nous : la protection de tous nos adhérents dans la double dimension sociale et économique, et des emplois.

Klésia est un groupe de protection sociale jeune et dynamique. Il a déjà accueilli la FMP lors de son éclatement, puis récemment la Mutuelle MCDEF (personnel de la Défense).Nous y trouvons naturellement toute notre place et les opérations de rapprochement vont bon train et dans de bonnes conditions. Nous venons de créer ensemble une nouvelle Union de Groupe Mutualiste (UGM) qui fédère près de 1 million de personnes protégées et dont l’UMC assure la présidence. Par ailleurs notre Mutuelle va être représentée dans les différentes instances de Klésia. »

La direction et les services sont-ils appelés à déménager ?

« Dans le cadre du protocole régissant les conditions du rapprochement, nous avons prévu de regrouper au sein d’un « pôle mutualiste » l’ensemble des activités mutualistes du groupe. L’ensemble de nos équipes est donc appelé à rejoindre les structures de Klésia. Tout notre service de gestion rejoindra dès le début Juin les locaux de Klésia pour se regrouper avec les autres équipes de gestion des mutuelles du groupe. Bien entendu parmi le projet, figure la réalisation rapide d’économies de gestion substantielles (coût immobilier et rationalisation des tâches). Nos fonctions « supports » et Direction rejoignent également les services équivalents chez Klésia.

Pour information, nos partenaires sociaux ont validé l’ensemble des opérations et un « accord de transition » vient d’être signé.

Les anciens collègues mutualistes ont versé leur première larme lors de la fusion de la MPLCL au sein de la Mutuelle UMC. Doivent-ils se préparer à une nouvelle perte d’identité ?

Le rapprochement prévoit l’absorption dès le début 2018 par notre mutuelle de la Mutuelle Klésia/St Germain, forte de 144 000 personnes protégées avec un peu plus de 44 millions de fonds propres. A cette occasion, va être créée une « nouvelle mutuelle » qui portera le nom de « KlésiaMut ». Nous en assurerons la présidence.

Il y aura effectivement changement d’identité. Mais n’est-ce pas plus important de constituer autour d’un nom significatif, et surtout bien connu et identifié dans le monde des entreprises et de l’économie sociale, une entité dotée de moyens conséquents et solides, favorisant ainsi de nouvelles perspectives de développement , tant en individuel qu’en collectif… plutôt que de s’attacher à un nom, certes respectable, mais aujourd’hui porteur d’un passé révolu !

Rappelons à ce sujet que l’ANI, dont on a tant parlé, avec en particulier la généralisation de la complémentaire santé pour les actifs a bousculé les équilibres de l’époque, aussi bien au plan économique que surtout dans l’expression et la pratique de la solidarité intergénérationnelle. Je prends le risque d’insister lourdement mais nous devons nous donner les moyens d’éviter la banalisation de la protection sociale complémentaire, la segmentation de l’accès aux soins et de fractionner la solidarité entre les générations, entre les bien-portants et les malades. L’effet de taille et la notoriété vont nous y aider.

J’indique au passage que cette nouvelle dimension va nous permettre de siéger dans les instances nationales mutualistes et donc de mieux faire entendre notre voix. »

Les résultats de 2014 et 2015 n’étaient pas bons. Les définitifs de l’année 2016 ne sont pas encore divulgués. Qu’en est-il ?

« Comme j’ai pu l’indiquer tout récemment à nos délégués, les résultats 2016 ne seront pas bons, même si notre résultat technique s’est bien amélioré par rapport à l’an dernier, si nos produits financiers sont supérieurs à nos prévisions. Dans le cadre du rapprochement, nous avons choisi de provisionner l’intégralité des opérations en suspens, notamment concernant celles en cours avec certains courtiers grossistes. Le principe retenu a été de comptabiliser sur cet exercice un maximum de provisions pour obtenir un résultat 2017 reflétant la réalité de notre activité. Et puis, nous ne pourrons toujours pas enregistrer dans les comptes 2016 le produit du boni de la dévolution du patrimoine de l’Union Mutualiste de Prévoyance (que nous serrons contraints de passer « hors bilan »). »

Sommes-nous en droit de comprendre cette fois que les écuries d’Augias soient totalement nettoyées et que les annonces futures ne seront que de bonnes surprises ? Peut-on s’attendre à des économies d’échelle et corolairement, sinon une baisse, au moins au gel des cotisations ? Elles ont augmentées de quelque 12 % ces deux dernières années.

« Nous nous inscrivons maintenant dans un contexte plus global de « groupe » avec donc l’objectif de limiter au maximum les hausses de cotisations pour nos adhérents. Cela dit, il ne faut jamais oublier qu’une part importante des hausses appliquées vient directement de la répercussion de mesures et taxes gouvernementales !

Alors quid de l’avenir ? Quelle sera la nouvelle donne ? Ce qui est certain, c’est que le « marché » de la complémentaire santé n’a pas terminé sa métamorphose. Les différents schémas de régulation orchestrés par les pouvoirs publics jusqu’à présent ont généré in fine un nivellement par le bas, des hausses de restes à charge et une inadaptation de l’offre aux besoins.

Qui peut à ce jour décrypter avec précision les stratégies avancées et nouveaux leviers d’action sur l’offre de soins (ANI, réforme de l’ACS, nouveau contrat responsable, contrats senior labellisés, …), sur les postes de charges des organismes complémentaires ? Qui peut dresser un panorama complet du jeu concurrentiel qui se trame ?

Dans ce contexte, la seule réponse que je peux objectivement apporter, c’est que la maitrise de nos coûts de gestion reste notre priorité et que nos actions en cours visent à les diminuer rapidement. »

Beaucoup se plaignent de l’absence d’un interlocuteur dédié aux adhérents de l’ancienne MPLCL. Ils rencontrent des difficultés pour obtenir une réponse à leurs préoccupations, notamment sur des questions de prise en charge. Pouvons-nous leur laisser espérer une amélioration notoire du suivi administratif et une attention plus personnalisée ?

« Personne ne peut nier que nous avons traversé une période très difficile à l’occasion du changement de notre outil informatique (opération rendue nécessaire par les limites atteintes de notre ancien système). Au-delà de nos dysfonctionnements internes liés à cette migration, aujourd’hui résolus, s’est révélée être extrêmement compliquée, longue et pesante, la communication de nouveaux codes de transmissions avec les différents et nombreux interlocuteurs/concentrateurs (CPAM, hôpitaux, laboratoires, officines,…)

Avec le regroupement des services de gestion, nous allons pouvoir mettre en action de nouveaux circuits favorisant les échanges et réponses.

Nulle intention de prétendre que tout sera parfait demain…Sachez cependant que nos équipes actuelles ont à cœur d’assurer un service de qualité et sont mobilisées pour trouver une solution rapide à chaque problème.

Je suis bien conscient de ne pas avoir, par mes réponses, levé toutes les inquiétudes, naturellement légitimes, ni les critiques la plupart du temps justifiées ! Ma fonction de Président, ma responsabilité, ma préoccupation est de faire en sorte que notre mutuelle puisse poursuivre son rôle d’accompagnement et de proximité, puisse avoir plus de relation humaine et plus d’adaptation aux besoins de chacun, en s’inscrivant dans la durée pour la collectivité.. »

Avant de se quitter, avez-vous un message destiné plus particulièrement à nos amis retraités du Crédit Lyonnais ?

« ancien « CLP », j’ai vécu avec peine et colère l’abandon de la mutuelle par LCL. J’ai pensé comme beaucoup que la justice allait reconnaitre notre préjudice, jusqu’au moment où, de l’avis éclairé de juristes, il est apparu que nous n’aurions jamais gain de cause pas plus que réparation. J’ai alors décidé de ne plus engager de dépenses inutiles. J’ai été beaucoup critiqué. D’autres ont souhaité continuer leur action contre vents et marées : ils ont été évidemment déboutés en jugement de cassation. Cela ne me fait pas plaisir, mais que d’argent gaspillé pour rien d’autre que vanité !

La Fédération compte un nombre important d’adhérents à la mutuelle. Ce n’est sûrement pas un hasard car au bout du compte, ce sont bien les mêmes valeurs qui nous lient. »

Merci Président de votre accueil.

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