Amicale de Lyon - La Confluence

Balade à la journée du 27 octobre 2016

Sortie à la Journée : La Confluence

Nous sommes le 27 octobre. 6 gones et 11 fenottes sont au rendez-vous devant l’église Sainte Blandine pour la découverte du quartier de La Confluence, à l’extrémité duquel se rejoignent Saône et Rhône.
Notre visite commence par un petit cours d’histoire par notre guide Claudine.

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A l’origine, la ville de Lyon se terminait au quartier d’AINAY, et la confluence n’était qu’un vaste marécage insalubre. Les architectes Jules HARDOUIN-MANSART au XVIIème siècle, puis Guillaume DELORME en 1738, avaient bien proposé des solutions pour agrandir la presqu’île, mais faute de pécuniots, leurs projets n’ont jamais vu le jour. En 1769, l’ingénieur Antoine-Michel PERRACHE a proposé de combler les lônes, d’aménager le quai Perrache (rive droite du Rhône) et de créer une gare d’eau, à la condition que la ville construise le pont de la Mulatière, (qui fut par la suite emporté par les crues de la Saône), pour que ce quartier commence à prendre vie.
Mais ce n’est que dans les années 1830, grâce aux frères SEGUIN, que les choses sérieuses ont vraiment débuté. On leur doit notamment les 1ers ponts suspendus, et au sud de la Presqu’île, l’arrivée de la ligne de chemin de fer Saint-Etienne / Lyon, le projet d’installation de 79 entreprises, et une nouvelle gare d’eau qui d’ailleurs tombera en désuétude au fil des décennies et qui sera définitivement comblée en 1947.
Ce quartier, qui aura accueilli au fil des ans les activités non désirées par Lyon, comme les prisons, les abattoirs, des industries polluantes, le marché-gare, sera qualifié longtemps de quartier « derrière les voûtes », peu fréquentable.
Après ces précieuses indications, nous commençons à nous banbaner dans le quartier, manière de faire prendre l’air à nos agottiaux, et nous voyons successivement :
- L’église Sainte Blandine, de style néo gothique, au porche magnifiquement décoré, qui nous donne l’occasion de mentionner son bâtisseur, l’architecte Clair Tisseur, plus connu sous le pseudonyme de Nizier du Puitspelu, qui est également l’auteur du Littré de la Grand’Côte, célèbre dictionnaire du parler lyonnais.

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  • Les « immeubles de la société anonyme démocratique des habitations hygiéniques à bon marché de Lyon », les ancêtres de nos H.L.M., construits entre 1911 et 1914, puis en 1930. Ces immeubles aérés, dotés de balcons, de cours intérieures arborées, ont été pensés par un architecte dont la devise était : « où l’air et la lumière pénètrent, la maladie ne rentre jamais ».
  • Le groupe scolaire Alix (1881-1883) du nom d’un de ses directeurs.
  • Le bâtiment du lavoir et des bains douches publics, en rénovation, fort apprécié avant que les HBM de la Cité Perrache (1932-1934) ne soient dotés du confort moderne.
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  • Le marché gare, construit à partir de 1955 sous l’impulsion du Président et Maire de Lyon Edouard HERRIOT, inauguré en 1961, et déménagé depuis 2009 à Corbas. Certains bâtiments ont été conservés pour marier innovation et tradition. Il poursuit sa transformation vers de « l’évènementiel » ; la halle aux fleurs a été transformée en gymnase, et de nombreux bâtiments, dont une tour de 16 étages, poussent comme des champignons alentour.
  • La patinoire Charlemagne, inaugurée en 1969, qui abrite le club des sports de glace qui a vu évoluer dans ses rangs les champions olympiques Gwendal Peizerat et Marina Anissina, les champions du monde Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat.
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  • L’Hôtel de Région ARA avec ses 40.000 M2 de bureaux, pensé par l’architecte Christian de Portzamparc qui a voulu créer un « grand paysage intérieur », riche et convivial, et conserver une certaine sobriété à l’extérieur.
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  • La darse de Confluence avec ses bâtiments à énergie positive conçus par l’architecte nippon Kengo Kuma et baptisés « Hikari ». Ce pôle de 12.800 M2 constitue le premier îlot mixte à énergie positive d’Europe.
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  • Le centre commercial, avec sa toiture gonflable, situé sur l’autre rive, et traversé de part en part par la ligne SNCF Lyon / Saint-Etienne.
  • La navette fluviale, baptisée « vaparetto », que l’on peut prendre toutes les heures à Saint-Paul pour arriver à la Confluence en 30 minutes, et ceci pour la modique somme de 2 €.
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  • L’axe communication, culture et art, avec ses bâtiments qui mélangent modernité et tradition, et notamment : . L’immeuble du Progrès constitué de 3 bâtiments reliés par une passerelle, avec côté Nord 2 grandes fenêtres qui symbolisent son regard tourné vers Lyon.
  • L’immeuble du Groupe Cardinal, bâtiment futuriste surnommé « la mimolette lyonnaise » pour sa couleur orange rappelant le minium utilisé contre la rouille, avec ses trous dans la façade extérieure élaborés en fonction de la direction des rayons du soleil.
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C’est le même architecte qui a conçu le bâtiment vert d’Euronews, chaîne d’information créée en 1993 à Ecully. Ce cube orange a pour voisin immédiat un bâtiment ancien rénové : les salins occupés jadis par les Salins du Midi.

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  • Les anciennes douanes, rénovées également par l’architecte Jean-Michel Willmotte. . L’immeuble de la sucrière, qui fut le fief de Beghin-Say, avec son ponton de débarquement et ses balcons qui rappellent le transbordement des marchandises. Transformé en lieu d’échange culturel, toutes formes de création contemporaine et de culture innovante s’y côtoient, et c’est le lieu où se déroulent les « nuits sonores » de Lyon.
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. Le bâtiment de GL Events, créé par Odile Decq, caractérisé par sa transparence et sa structure originale en acier formée de 2 boîtes empilées à 86°, avec un porte-à-faux d’une portée de 28 mètres.

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Notre périple se termine devant le musée des Confluences, qui propose de raconter, sur 3.000 M2, le grand récit du monde et de l’humanité,

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et par une chanson typiquement lyonnaise « le Rhône et la Saône » interprétée par Claudine.

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Ma conclusion viendra d’un extrait d’une interview de l’architecte Rudy Riccioti, qui a conçu l’immeuble tout en rondeurs d’Acies Consulting, et qui résume bien la Confluence lorsqu’il dit : « Il y a d’un côté la Saône et le paysage qui la borde qui est exceptionnel, c’est extrêmement romantique, on dirait une peinture du XIXème siècle, et de l’autre un site industriel ... dont il n’y avait rien à tirer. Ça n’aurait pas dû marcher, et ça marche. La Confluence est la galerie des allumés, la galerie des fadas, ça en fait un de plus (en parlant de lui). C’est le cumul des différentes pitreries ! »

Rédaction et photos : Alain MENARD





  • Amicale de Lyon - La Confluence
    7 novembre 2016, par jean.marc.l.morin@gmail.com

    Quel narrateur cet Alain M. ! Le nez au vent mais également l’oeil vif et le stylo en émoi pour le plus grand plaisir du lecteur.
    J2M

  • Amicale de Lyon - La Confluence
    2 novembre 2016, par André Geoffray

    Super article sur notre ville de Lyon
    Le 17 Novembre,ce sont nos amis stéphanois
    qui vont faire une ballade complète
    Vieux Lyon - Bouchon - Confluence
    J’espère qu’ils vont apprécier
    André de Lyon