Par un temps radieux, nous rejoignons le site, pour une fois tous les participants arrivent à l’heure. Nous accueillons deux nouveaux collègues arrivés sur leur moto de grosse cylindrée, Christine et Pascal C. bienvenue à eux.

Situé au cœur de l’ancien bassin minier Carmaux-Albi, à Cagnac-les-Mines, le Musée-Mine a pu voir le jour grâce à six « gueules noires » à l’origine de la sauvegarde du lieu : Pierre Bosc, Pierre Bouty, Pierre Boyer, Jacques Enjalbert, Elisée Roumégoux et Stanislas Swiatek.
Ces mineurs voyant que leur métier allait s’éteindre définitivement ont œuvré pour la sauvegarde de ce lieu de mémoire, pour information c’est le 30 Juin 1997 qu’a cessé l’exploitation du charbon sur le site.
Arrive le moment de la visite ! Nous enfilons de seyantes charlottes, hygiène oblige puis un casque de protection ; cela donne lieu à de nombreuses remarques, rires voire moqueries, il faut dire qu’il existe mille et une manières d’ajuster ces éléments !

Notre guide nous amène à l’extérieur sur le carreau, où nous pouvons voir les cages de descente et remontée des chariots et aussi des mineurs. Nous gagnons en suite la salle des machines qui gèrent les ascenseurs, un ensemble très impressionnant notamment les câbles, les tableaux électriques et le petit poste de commande du mineur en charge des opérations.

Un petit regret nous n’avons pas eu accès à la cage simulant une descente en profondeur car en panne.
Nous accédons ensuite aux galeries, là l’ambiance et l’atmosphère sont tout autres. Le sol est très irrégulier attention à bien lever les pieds, des câbles circulent le long des parois, divers matériels, chariots, pelles, pics, conduits d’aération rétrécissent l’espace.
Au fur et à mesure de notre progression nous voyons l’évolution des modes d’extraction qui passent, de manuel avec les piqueurs et hommes qui poussent les chariots à industriel avec les marteaux-piqueurs, les foreuses, les tapis roulants (imaginons un instant les bruits, l’atmosphère, la poussière, les cadences de travail durant huit heures) : un enfer !

Petite parenthèse, les chevaux ont été de la partie pour convoyer les wagonnets ; ils ne remontaient à la surface que pour les congés comme les mineurs. Un petit mot également sur le travail des enfants qui eux aussi ont participé à l’extraction du charbon dans des conditions particulièrement pénibles.
Afin de nous mettre un peu plus dans l’ambiance, notre charmante guide a mis en route un ventilateur d’extraction d’air : un vrai régal tout en décibels. Mais elle ne s’est pas arrêtée là !
Nous avons eu droit à une simulation plus vraie que nature d’un coup de grisou : bruit, souffle et flammes dans la galerie ; à la différence de ceux qui étaient au fond, nous en avons réchappé.
Bref avec tous ces éléments on ne peut que réfléchir, et appréhender un peu plus les conditions terribles de travail pour tous ces mineurs ainsi que leur impact sur la santé et leur espérance de vie.
Nous remontons à l’air libre. Nous continuons notre visite, avec une nouvelle guide, en nous rendant à la cité ouvrière des Homps pour déambuler dans ces habitations fournies aux mineurs, Polonais pour la plupart.
C’est la période de la « Paternalisation », on traite au mieux les travailleurs afin de mieux les fidéliser, mais aussi de les surveiller.
Nous avons accès à la Maison du Polonais : chaque famille avait une maison avec une cave, à l’étage une cuisine, et deux chambres séparées.

A l’extérieur une petite cabane pour les rangements d’outils, qui faisait aussi office de WC et un jardin qui devait être entretenu et utilisé.

L’heure avançant, nous avons rejoint les bords du lac attenant, pour un petit apéro en l’honneur de Claude notre Webmaster qui fêtait ce jour là son anniversaire, nous ne donneront pas de chiffres, mais disons 7111111.
Avec un peu de retard nous joignons L’Auberge Occitane à Monestiés pour le déjeuner, repas bien apprécié car nous avions tous bien faim. (Le travail à la mine ça creuse !)

En début d’après-midi, nous roulons vers notre deuxième site à travers côteaux, vignes, bois et verdure ; une très jolie nature automnale parée de multiples couleurs.

Nous arrivons au Château Musée du CAYLA situé au cœur du vignoble Gaillacois, c’est une maison d’écrivain où paysage littéraire, paysage naturel et création contemporaine se conjuguent.
C’est la maison natale du poète romantique Maurice De Guérin (1810-1839) et de sa sœur Eugénie (1805-1848), cette gentilhommière traditionnelle du Languedoc est un lieu où l’écrit est source d’inspiration et de création pour les artistes. On y découvre le mode de vie tarnais du XIXe siècle grâce aux archives et aux objets de la famille De Guérin.
Nous visitons en premier lieu la cuisine avec la chambre attenante de la cuisinière, nous constatons des équipements très complets : roue activée par un petit chien pour la rôtissoire, quatre légumiers, une grande cheminée, un coffre siège pour la conservation du sel.

Nous voyons ensuite diverses petites pièces dont la chambre de Maurice et la chambrette préférée d’Eugénie. Nous terminons par le salon orné d’une grande cheminée en stuc d’inspiration Italienne, ce salon est actuellement en rénovation.
Notre visite s’achève, nous avons pu remarquer que l’on ne vivait pas vieux dans cette famille : la tuberculose sévissait à cette époque.
Il est temps d’en terminer, nous nous séparons à regret mais sûrs de recommencer dès que possible, encore merci à Françoise pour cette belle journée.
Adishatz a totes.
Gérard BOISSIERE