Nous prenons notre bus à 7h 30, nous faisons connaissance avec nos voyageurs Tarnais ainsi qu’avec Hadj notre chauffeur.
Le trajet se déroule sous un temps maussade qui ne tarde pas à nous apporter la pluie.
Après quelques péripéties de GPS, près du but, nous atteignons notre hébergement, l’hôtel Restaurant ANDREINIA à ESTERENCUBY.

Après la distribution des chambres nous sommes prêts pour le repas ; un apéritif de bienvenue nous est servi à table et nous faisons connaissance avec Sophie, non pas notre Guide mais une conteuse et une passeuse de légendes, elle offre un foulard rouge à chaque dame et un béret rouge aux Messieurs nous apprécions cette délicate attention.
L’après-midi, nous nous dirigeons vers le petit village d’Espelette dont l’étymologie du nom signifie « lieu planté de buis ».
Nous rejoignons l’Atelier du Piment pour une dégustation très complète avec l’Or Rouge du Pays Basque. En effet, le piment d’Espelette nous vient du Mexique d’où il a été ramené par bateau au XVI e siècle. Nous évoluons de poudre, en gelée, en confiture, en caviar, en huile, TABASCO et même un apéritif à base de vin liquoreux, d’armagnac et de jus de cerise noire, l’ensemble faisant valser les papilles et pour d’autres plus fragiles provoquant quelques petites toux intempestives.

Ensuite, nous disposons d’un temps libre afin de visiter le village, la, nous y admirons de belles maisons Labourdines dont quelques unes sont pavoisées de cordes de piments ; une d’elles porte une plaque ornée d’un panda, c’est la maison natale du célèbre Père botaniste Armand DAVID.

Nous nous dirigeons ensuite vers Saint-Martin d’Arrossa pour visiter la ferme IRUNGARAIA ; là nous sommes accueillis par Maïté la patronne fraîchement retraitée qui nous présente par le détail son exploitation gérée en GAEC avec son mari, son fils et bientôt sa fille.

Les races les plus courantes de brebis sont la Basco Béarnaise, la Manech à tête Noire et la Manech à tête Rousse. De plus en plus on élève la Tête Rousse plus prolifique en Lait. Le fromage produit est l’Ossau -Iraty protégé par une AOP. Il est fait au lait entier de brebis, c’est une tomme à pâte pressée non cuite avec un affinage long et une croûte naturelle. On le reconnaît grâce à ses poinçons et il existe sous différentes spécificités : basque et béarnaise.
Retour à l’Hôtel. Dîner, ce soir nous nous couchons tôt pour récupérer du trajet.
JOUR 2 : 21/09/2025.
Aujourd’hui, nous cheminons vers CAMBO LES BAINS pour la plus belle des visites : La Villa ARNAGA Maison d’Edmond ROSTAND. La pluie redouble de plus belle !

Armés d’impers, K way et autres parapluie, nous traversons un petit sous-bois qui débouche sur le jardin à la Française et au fond nous apparaît l ‘immense et somptueuse bâtisse.

Afin de bien comprendre le contexte : ARNAGA traduit bien le balancement du cœur et de l’âme de son créateur. Edmond ROSTAND partagé entre, d’un côté son penchant pour la solitude et le recueillement que matérialise le jardin anglais et son choix de petites pièces pour vivre. De l’autre, son inclinaison pour les honneurs et le luxe comme le montre la magnificence des décors de la maison et la virtuosité de son jardin à la française.

Nous effectuons la visite avec une guide qui bien que d’origine basque est née à Blagnac, le courant est de suite passé et la visite n’en fut que plus agréable.
Il faut préciser que la construction de la maison n’a duré que 3 ans (1903/1906) ; l’architecte Joseph-Albert TOURNAIRE a réalisé cette gageure.
De nombreux décorateurs de renom ont œuvré aux décors de l’ensemble.
Gaston La Touche, coloriste a réalisé la frise du Grand Hall ainsi que les quatre médaillons en trompe l’œil de la salle à manger.
Georges DELAW caricaturiste célèbre, a illustré des chansons enfantines telles : Bon voyage Mr DUMOLLET, il pleut Bergère, sur le Pont d’Avignon.
Clémentine -Hélène DUFAU a peint les Nus de la bibliothèque d’Edmond ROSTAND ; elle a travaillé à ARNAGA durant 6 ANS.
La liste n’est pas exhaustive ce qui souligne un peu plus la démesure de l’ensemble.
Même au niveau technique des prouesses sont réalisées : chauffage par le sol (remplacé plus tard par des calorifères, quid des factures d’électricité) portes fenêtres à galandage, eau filtrée à l’Office…
Reprise de notre trajet en direction de BAYONNE.
Déjeuner au café du Théâtre, la pluie redouble d’intensité.

L’après-midi, sous une pluie toujours battante, déambulation dans le centre historique de la ville : Château Vieux dont la Tour est en réfection et Château Neuf avec les remparts de la Citadelle dessinés par VAUBAN en 1680 et construits au XVIIe siècle, à la demande de Louis XIV qui désirait fortifier la ville.
Ensuite un peu de répit avec la visite de la Cathédrale Sainte-Marie érigée au XIII e et XIVe siècles de style gothique. Dès le porche d’entrée nous constatons les dégâts causés par la Révolution Française aucun décor, pas une frise de pierre, aucune statue ; seules ont échappé à la destruction, quatre statuettes, placées en hauteur, un joueur de pelote Basque, un tailleur de pierre, un mendiant et l’Apôtre Saint-Pierre ; seul le portail Sud a été épargné.

L’intérieur récemment restauré (partie chœur) offre un ensemble richement décoré.
Une surprise nous attend, une de nos voyageuse Mona nous interprète magistralement, a cappella, l’Ave Maria de Gounod. Bravo à elle pour sa performance, un joli moment d’écoute et de joie.
Nous contournons l’édifice pour rejoindre le Cloître, un des plus grands de France, construit entre 1213 et 1240. Il dévoile de magnifiques arcades éclairées de doubles baies géminées et de trois rosaces.
Il servait autrefois de cimetière, on peut y voir encore des pierres tombales gravées au sol.
Il fut ensuite utilisé comme marché et ouvert au public.

Petit coup de chance, se tenait une exposition de vêtements locaux à travers les siècles, de matériels divers, de machines à coudre anciennes…L’ensemble organisé par une association caritative locale KAKOLETAN (Ballade de Fils en Aiguilles).
Nous poursuivons vers BIARRITZ en direction de la Corniche Saint-Martin où se situe le phare qui culmine à
73 m au-dessus de de l’Océan Atlantique. Hauteur de l’édifice 47 m, 248 marches à grimper pour une vue magnifique ; le dôme en cuivre est décoré de douze têtes de lions en bronze, toutes différentes et servant de gargouilles.
Le point de vue sur la baie était magnifique avec un Océan très formé et des nuages gris, blancs et noirs.
En route vers Arcangues, dont le Marquis a fait don de bâtiments, de terrains à la commune à la seule condition que les bâtiments ne soient jamais habités et servent à la culture, aux sports et aux loisirs ; une bien belle aubaine pour les habitants du lieu.
Un autre fait important, c’est que le chanteur Luis MARIANO (1914/1970) est enterré dans le petit cimetière proche de l’Eglise Saint-Jean Baptiste, un petit passage devant sa tombe s’imposait.

Il est temps de préciser que c’est aujourd’hui le dernier jour de Sophie avec nous. Nous ne pouvons pas oublier son mémorable feuilleton en cinq épisodes : Les Feux de l’Adour !
Au casting des comédiens de renom. Un certain Gilbert, un Claude, Un Peyo et venu d’on ne sait où, un Hadj chaud comme la braise.
Merci à Sophie pour son humour et son approche décalée de la culture Basque.
Retour à l’hôtel pour le dîner.
Ce soir on joue au Loto. Soirée pour le moins animée menée de main de maître par notre Hôte Chrystelle dont les remarques et les piques font mouche à chaque fois, un bon moment de franche rigolade.

JOUR 3 : 22/09/2025.
Aujourd’hui : Au programme Saint-Jean de LUZ et San SEBASTIAN.
Un nouveau guide Luciano qui fleure bon l’Italie.
Arrivés à St Jean de LUZ, nous prenons la direction du joli Port de Pêche, Luciano nous indique que la Cité corsaire nichée entre la montagne et l’Océan a gardé son identité.
Ce fut également un port d’où partaient les pêcheurs de baleines. Les anciennes et riches demeures témoignent de la fortune des armateurs du XVIIe siècle

Nous voyons la Criée, la villa ALLIOT-MARIE, la maison où séjourna LOUIS XIV puisqu’il s’y maria e 1660, la maison de l’Infante et bon nombre de maisons à colombages parfaitement entretenues.
Il convient de noter que l’activité de pêche perdure (fileyeurs et mareyeurs) ainsi que le ramassage de l’algue rouge du Pays Basque qui est utilisée après séchage pour l’élaboration de produits cosmétiques, notamment des crèmes.
La visite se poursuit sur la digue d’où nous pouvons admirer l’ensemble de la baie protégée par ses digues (la ville étant située en dessous du niveau de l’Océan.
Pour rappel quelques informations sur l’identité Basque.
LA CROIX BASQUE
C’est l’emblème de l’identité Basque appelée Le LAUBURU, elle est formée de Quatre têtes (Croix à Brandes Courbées).
Elle est souvent associée à la protection et à la bonne fortune.
LE DRAPEAU BASQUE
Créé en 1894 par les frères Luis et Sabino ARANA GOIRI.
Fond rouge : Couleur représentant le Peuple.
Deux croix qui se superposent :
1 La croix verte de Saint-André (même couleur que le chêne de Biscaye) ; symbole de Loi.
2 La croix blanche symbole de la foi chrétienne.
LES COULEURS DES COLOMBAGES :
Le rouge (gorri) correspondait au sang de bœuf ou autres animaux, dont on badigeonnait le bois pour le protéger des éléments et de la pourriture. Couleur utilisée le plus souvent par les agriculteurs (aînés).
Le vert (berde) viendrait de l’extraction du minerai de fer, influence montagnarde.
Le Bleu (urdina) Couleur maritime signifiant maison de marin ou de pêcheurs.
Déjeuner à la Cidrerie BERRI à ASCAIN 64310.

Les côtes de bœuf ont été particulièrement appréciées.
Quand aux dégustations de cidre : Oui au folklore mais pour le breuvage ?
L’après-midi direction SAN SEBASTIAN ; Que dire ? De nouvelles règles municipales interdisent le stationnement des bus en centre- ville donc impossibilité de visiter sauf à faire 2h30 à 3h de marche. Ce qui était annoncé, visite guidée de la ville et paséo de la Concha n’ont pas été effectués. Une grande partie des voyageurs franchement déçus.
Le temps gagné à permis un arrêt un peu plus long à FONTARRABIE.
Nous avons vu les fortifications de la ville et visité l’église Sainte Marie de l’Assomption et le Pommier. Edifice du XVe siècle dont la première pierre fut posée par le Comte d’Armagnac. La nef de l’épître à droite de l’entrée est remarquable.
Retour sous la pluie à ESTERENCUBY.
Dîner précédé de l’apéritif offert par notre Amicale, ponctué d’un mot de notre Présidente. Merci Alice.
Ensuite nous avons une soirée de chants Basques interprétés par Arnaud un accordéoniste de la Soule. Excellent musicien et chanteur qui a su mêler les chants locaux et la variété pour faire participer toute la salle.
JOUR 4 : 23/09/2025.
Les valises sont bouclées et mises dans la soute du bus.
Dernière visite SAINT JEAN PIED DE PORT : étape sur le chemin de SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE.
Notre chauffeur emprunte un cheminement escarpé et sinueux afin de nous épargner une grimpette à pied, et nous laisse à proximité immédiate de la Citadelle.
La cité est située au pied du mythique Col de Roncevaux tout près de la frontière espagnole. Elle est à la fois ancienne place forte de Navarre et étape majeure des Pyrénées vers Compostelle.
Des dizaines de milliers de pèlerins franchissent la Porte Saint-Jacques pour se rendre au bureau d’accueil de la Maison LABORDE munis de leur précieuse Crédencial (passeport du pèlerin) et faire attester de leur passage à Saint-Jean-Pied de Port, avant leur traversée des Pyrénées.
Revenons à notre visite, après avoir franchi la dite Porte, nous apercevons sur notre gauche la silhouette d’une grande bâtisse ; il s’agit du Collège construit dans les années 1960 sur l’emplacement du Château Fort de Rois de Navarre ; il s’agit là de l’un des plus beaux Collège de France au pied des Pyrénées !

Nous déambulons dans une ruelle pavée en direction de l’église Notre Dame de l’Assomption, c’est un enchantement de décors de façades, de linteaux ouvragés où fleurissent les coquilles de Saint-Jacques symbole des Pèlerins (lorsque que leur trajet est terminé). Nous passons ensuite devant la prison dite des Evêques, un vaste bâtiment qui évoque de sombres périodes dès le XVIIIe siècle jusqu’au XXe siècle lors des deux Guerres Mondiales.
Certains ont pu voir la maison dite Mansart près de la Place du Marché, luxueuse demeure, de type Louis XIV, avec sa façade en grès rose de l’Aradoy, édifiée au début du XVIIIe siècle et propriété d’un riche négociant en laine : David de Fourré.
Nous visitons en suite l’église paroissiale de l’Assomption de la Vierge, construite au XIIIe siècle et remaniée au XIVe siècle, elle est située proche de la Nive dans le prolongement de l’Hôpital Sainte-Marie accolé au Clocher, c’était le lieu des soins pour les pèlerins.
Sous le Clocher se trouve la Porte de Navarre, à proximité immédiate du Parvis.
Le temps passe, nous devons visiter la petite fabrique artisanale d’espadrilles : La maison GARAZI. La charmante patronne explique la couture des espadrilles, elle nous indique que les décorations brodées sur le dessus sont un gage de fait main.
Luciano nous fait découvrir un fronton entouré des gradins dont l’aire de jeu (la cancha) présente de bonnes dimensions, plus cinquante mètres de long pour une vingtaine de mètres de large.

Le jeu se joue avec l’envoi de balle de volée après un seul rebond. On joue en Place libre, en Mur à gauche ou en Trinquet clos et couvert souvent à proximité d’un café.
Les jeux principaux sont la main nue, la chistera Joko Garbi ( gant court), le grand chistera, la Paleta (raquette en bois).
Nous revenons à l’hôtel pour notre dernier déjeuner.
Nous sommes prêts pour le retour : Chrystelle et Eric viennent nous saluer, merci à eux pour leur accueil et leur gentillesse.
Voilà c’est la fin, AGUR à toutes et tous.
Gérard BOISSIERE